Château-Dompierre est le nom intégral de la seigneurie sur laquelle est construite cette belle demeure de distinction. A l’origine, il s’agit d’un tertre qui commande une chaussée d’étang comme l’ont bien analysé les historiens Ch. Rémy et Cl. Gravelat. Château-Dompierre était probablement un péage associé à un lieu de culte, -la chapelle Saint-Martial dépendante du chapitre du Dorat - et d’un complexe de mottes castrales, -le rocher ou tertre qui domine l’étang et d’autres parcelles plus éloignées portant le nom de « motte »-. Cet ensemble est initié par les puissants seigneurs de Magnac dès le XIe siècle. Une branche de cette famille porte le titre de « seigneur du Chasteau-Dompierre » au XIVe siècle. C’est à cette période que Château-Dompierre est vendu à l’abbaye de Saint-Germain-Masseré (Saint-Germain-les-Belles) en Limousin, suite aux dispositions testamentaires du cardinal Hugues Roger, frère du Pape Clément VI. Au début du XVe siècle, un certain Guillaume Poute, originaire d’Issoudun tient une partie de la terre de Château-Dompierre des chanoines de Masseré. En 1441, Percheron Poute, écuyer, relève le titre de « seigneur du Château-Dompierre » et demande au seigneur de Magnac la permission de fortifier son « hostel » dans la haute-cour. Il réitère cette demande en 1444, au comte de La Marche pour fortifier l’ensemble de la basse-cour. Ces permis de fortifications ont-ils été effectifs ? Aujourd’hui, il n’en reste rien, si ce n’est les traces d’un logis noble dans un bâtiment de la ferme. En 1597, Jean Poute achète la totalité des droits de la seigneurie aux chanoines de Masseré. Le château que nous voyons aujourd’hui appartient au XVIIe siècle. Il s’organise autour d’une cour carrée, possède deux beaux pavillons avec de larges ouvertures. L’escalier, type renaissance, en pierre, est remarquable. Cette demeure permet d’accueillir d’illustres personnages au XVIIe siècle tel que Joseph du Bernet, premier président du parlement de Bordeaux, alors en exil en Limousin et beau-père du seigneur du Château-Dompierre. Lucrèce de Béthunes, cousine du fameux ministre Sully, marraine de Jehan Poute de Dompierre, ou Gaston de Secondat de Montesquieu, grand-père du célèbre philosophe et frère de la dame de Dompierre sont régulièrement invités au château. Des terrasses avec des arcades et des escaliers sont aménagés, un jardin porte même le nom de « Versailles ». A partir du XVIIIe siècle, le château est mis en location à une famille de régisseur, les Marcoul de Lagorce. Les Poute de Dompierre préfèrent séjourner dans leur château de Nieul-le-Viroul en Saintonges (Charente-Maritime). Claude-Arnoul Poute, seigneur du Château-Dompierre, marquis de Nieul, s’engage dans la guerre d’indépendance aux Amériques; capitaine de frégate, il se distingue lors de ses dix-neuf campagnes en mer, notamment lors du combat naval d’Ouessant en 1778. Durant la Révolution Française, l’amiral Poute de Nieul choisit l’émigration. Château-Dompierre est alors vendu comme bien national à la famille Marcoul Lagorce. Vers 1830, Antoine Marcoul Lagorce, nouveau châtelain de Dompierre et maire de la commune a l’idée de créer une manufacture de draps à la place de son moulin. C’est un échec en l’absence de débouchés. Le château passe alors par alliance à la famille Moreau Lajarrige qui compte deux médecins. En 1882, Jean-Baptiste-Adolphe Moreau Lajarrige entreprend quelques remaniements dans l’aile Sud du château, établit un péristyle avec des colonnes antiques, et fait fermer la cour avec les anciens murs de la façade d’une des ailes détruites en 1852.
Michaël THOURY, historien
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Date & Heure:
📅 05 juil. 2026 17:00 → 17:40
Lieu:
📍 La Cour